| Pourquoi ce labyrinthe comme logo de notre club ?
Il y a quelques mois, en visitant la cathédrale de Chartres, j'ai remarqué un
splendide labyrinthe circulaire incrusté dans le dallage au centre de la nef.
Intrigué et conscient qu'il y avait là un "message", j'ai cherché à en savoir
plus et j'ai plaisir aujourd'hui à en parler, bien que cela fasse surtout
réfléchir.
Des quelques cathédrales françaises ayant possédé un labyrinthe, celle de
Chartres est la seule à l'avoir conservé. Les cathédrales de Sens, Arras,
Amiens,
Reims
et Auxerre ont eu des labyrinthes comparables à celui de Chartres
mais ils furent supprimés au 16è et 17è siècle.
A cette époque, sans doute, on ne comprenait plus toute la signification
profonde des labyrinthes. D'où leur destruction. Simplement, semble-t-il, parce
que les gens y déambulaient, s'appliquant à en suivre les détours, ce qui
perturbait les offices.
On décida de supprimer le labyrinthe d'Auxerre en 1690, celui de Sens en 1768,
celui de Reims en 1778, celui d'Arras en 1795, c'est à dire au moment où toute
la cathédrale elle même, un des plus beaux fleurons de la première période
gothique, allait tomber sous la pioche des démolisseurs. En 1825, ce fut le
tour du labyrinthe d'Amiens, rétabli en 1894. Plusieurs labyrinthes disparus
nous sont quand même connus grâce à des dessins qui en avaient été fait
lorsqu'ils étaient encore en place.
L'origine est grecque, car la mythologie raconte que la plus grande aventure de
Thésée fut la mise à mort du Minotaure au centre du labyrinthe de Cnossos,
construit par Dédale. Tous les 9 ans, le Minotaure, monstre mi-homme,
mi-taureau, exigeait des Athéniens un tribut de sept garçons et sept filles,
qu'il dévorait vivants. Fils de roi, Thésée, dès son arrivée en Crète, séduisit
la fille du roi Minos, Ariane, dont le fil l'aida, lorsqu'il eut tué le
Minotaure, à sortir du labyrinthe qui semblait sans issue.
Le labyrinthe de la cathédrale de Chartres, contrairement à celui de Cnossos,
n'est pas là pour égarer ceux qui s'y engagent. Regardez bien! Aucune fausse
route, aucune impasse, les méandres de cette immense "marelle" (presque 13m de
diamètre) conduisent de toute façon au centre du dessin. Mais le chemin sera
long !
Le labyrinthe est un chemin (une Voie) symbolique qui mène l'homme de la Terre
vers Dieu. Un chemin où l'homme est attiré par Dieu. Le centre de cette figure
concentrique étant la Vérité, la Lumière, la Connaissance de Dieu ou des
principes de l'Univers. La démarche du labyrinthe ne consiste pas uniquement à
aller jusqu'au centre mais aussi à repartir du centre. Chacun est invité à
ressortir par le même chemin pour retrouver ses frères dans le monde après
avoir été transformé par ce long exercice spirituel.
Le labyrinthe des
cathédrales est donc un véritable symbole. Son but est d'ouvrir le coeur des
hommes. Comme la Vie, il est un chemin laborieux, exigeant et très long. La
position du labyrinthe dans la nef, son diamètre, sa forme, son parcours, rien
n'est le fait du hasard. Tout est justifié par une symbolique profonde qu'il
serait intéressant de connaître. Les onze anneaux du labyrinthe font allusion,
certes, aux péripéties de la vie humaine avec ses obstacles, ses tours et ses
détours, ses retours au point de départ, mais ils se réfèrent sans doute plus
spécifiquement à la tentation et à l'égarement qui s'ensuit.
Le chemin du labyrinthe, n'est-il pas, tel le fil d'Ariane, le moyen de
parvenir au centre malgré le risque de se perdre? Mais qui est Ariane? Quel
est son fil? Pour nous, pratiquants, l'Aïkido est peut-être le fil d'Ariane qui
nous guide vers le Centre. Le parcours du labyrinthe se compose de 273 dalles
de pierre entre la bordure dentelée et la plaque de cuivre qui se trouve au
centre. 273 est le nombre de jours des neufs premiers mois de l'année, ou de
n'importe quelle période de neuf mois consécutifs qui inclut le mois de
Février. Vérifiez: en 1994 le vendredi 30 septembre est bien le 273ème jour de
l'année! Nous sommes amenés tout de suite à penser à ces neufs mois dont aucune
femme ne peut ignorer la signification - la durée de gestation chez l'homme.
Dans un édifice dédié tout entier à la Sainte Mère, le message est clair :
comme une gestation, le parcours du labyrinthe construit l'homme, petit à
petit, pour le conduire vers une nouvelle naissance, mais éternelle cette fois.
De nombreuses personnes viennent souvent de très loin pour parcourir les
méandres du labyrinthe dans un silence et une sérénité impressionnante.
Regardant attentivement le sol, ils semblent chercher quelque chose de magique.
Certains ont sans doute compris que la vraie force vient d'en haut et que ce
qu'ils cherchent est déjà au coeur d'eux même, de leur existence. Ainsi, ce
labyrinthe est un véritable message, et j'ai pensé qu'il serait original que
son dessin soit le logo de notre club.
Voici un formidable lien pour une superbe explication sur le parcours du labyrinthe :
Cliquez :
Labyrinthe
Christophe
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