Témoignages de pratiquants

Sur cette page web, des témoignages, des réflexions et des commentaires pourront être publiés.

Nous avons choisi de ne pas avoir une formule "forum" car bien souvent sur d'autres sites, la moitié des interventions sont de véritables âneries sans intérêt, des critiques non constructives ou des réflexions bien réductrices de l'idée que nous voulons ici transmettre de l'Aïkido. Comme pour un journal ou un magazine spécialisé, nous sélectionnons les articles dans l'intérêt de nos lecteurs. Il ne s'agit en aucun cas de "censure" mais d'un filtre qui permettra d'élever le débat dans le respect de tous et qui sera un reflet de la qualité de l'enseignement et de la pratique de l'Aïkido dans notre dojo.

Que vous soyez pratiquant de notre club ou non, vous pouvez nous écrire. Faîtes le simplement par mail à christophe-page8@orange.fr. Evitez l’anonymat.

Christophe Page, enseignant et gardien de l’esprit de notre dojo.

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Ludwig Bartoli

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Pourquoi l’Aïkido ?

J’ai essayé de réfléchir à la question de Christophe et je crois qu’il faut commencer par une touche d’honnêteté :
On commence l’Aïkido pour différentes raisons. Un tel veut simplement devenir fort, un autre rêve de paix et d’harmonie universelle, un troisième vit dans le mythe transmis par l’histoire des samouraïs. Le hasard met aussi parfois un dojo près de chez soi.
Alors oui, après quelques années d’Arts Martiaux, j’ai été séduit par l’élégance et l’efficacité de l’Aïkido mais c’est surtout pour sa philosophie de non-violence et de non compétition que j’ai commencé à pratiquer.

J’ai commencé à comprendre quelques éléments.
Mais les raisons pour lesquelles on commence sont des raisons secondaires, des explications de surface, l’écume des choses.
Je ne pense pas que ce sont les raisons pour lesquelles on persévère. Pourquoi en vérité un homme de nos jours, qui reçoit de son époque des sollicitations innombrables (travail, famille, amis, contact avec le monde entier, internet, les technologies de communications, etc…) décide-t-il de consacrer son énergie, son temps, sa vie, à l’étude de ce qui n’est à première vue qu’un art martial japonais parmi tant d’autres ?
A mon sens, cette question ne doit pas être traitée de l’extérieur, car c’est dans l’art lui-même qu’elle trouve sa réponse. Je pense avoir saisi une chose : Ce n’est en effet qu’à partir du niveau de compréhension auquel on parvient de cet art, après avoir accepté d’emprunter le chemin sinueux de son étude, que se dessine, par touches successives, la raison profonde, la raison véritable de la pratique. En d’autres termes, il n’est possible de savoir pourquoi on se met en chemin qu’une fois parcourue la plus grande partie de celui-ci. (et je n’en suis qu’au début !!!)
Il faut donc pratiquer !
Cette particularité pose tout de même un problème à qui veut bien réfléchir : si je ne peux pas comprendre pourquoi je pratique qu’après être parvenu à un niveau avancé de la pratique, qu’est-ce donc qui a motivé mes débuts et mes années d’initiation ? Par quel mystère ai-je commencé et continué, sans raison explicable, une activité à laquelle je n’avais aucun moyen de comprendre quoi que ce soit au départ? Au nom de quoi le débutant enthousiaste que je suis, a-t-il accepté de demeurer encore pratiquant le plus assidu possible et pour aussi longtemps qu’il me sera possible ; et sans véritable espoir, sur mon appétit de connaissance ?
Je n’ai pas en effet d’autre réponse qu’une sorte d’acte de foi, une quête du Graal à apporter au paradoxe qui précède. Or cette quête apparaît irrationnelle, et s’il est exact qu’elle se trouve à l’origine de la pratique il est normal alors qu’on ne sache pas expliquer pendant longtemps pourquoi l’on fait de l’Aïkido.
Cependant, si cette voie spirituelle – irrationnelle par définition – en cette discipline pousse à en entreprendre l’étude, de l’étude naît en revanche une compréhension – rationnelle par définition – des raisons profondes qui ont mené à elle.
Je trouve que cette alchimie est remarquable, mais les raisons en question ne sont pas communicables à celui qui n’a pas effectué lui-même ce début de parcours. Non pas qu’il y ait un secret qui soit jalousement gardé. Il n’y a pas de secret, je pense.
Mais il y a une condition, c’est que pour recevoir le moyen de comprendre il faut accepter de faire le chemin. Celui qui n’a pas fait le chemin peut, bien-sûr, recevoir des mots, mais il ne peut pas les entendre. Les mots ne deviennent porteurs de sens qu’au moment où l’on pratique. C’est pour cela qu’on ne peut jamais expliquer ce qu’est l’Aïkido à quelqu’un qui ne le pratique pas ou peu ou irrégulièrement. Et ce quelqu’un ne peut pas comprendre.
Et c’est pour la même raison qu’on ne peut comprendre véritablement pourquoi l’on fait de l’Aïkido avant que ne soit écoulée la trentaine d’année nécessaire à faire sortir la véritable essence de l’aïkido. Christophe semble avoir déjà touché du doigt le cœur de l’aïkido.

3 années ont passé, années de travail et d’amorce de recherche, mais si je sais un tout petit peu aujourd’hui pourquoi je fais de l’Aïkido, à quoi bon le dire ? Ceux qui n’ont pas emprunté, ou pas encore suffisamment le chemin ne peuvent entendre ces propos, et ceux qui l’ont accompli connaissent déjà intimement le paysage que peindrait si mal le pauvre vocabulaire dont je dispose.

Mais bon…
J’ai appris avec l’aïkido que l’on m’enseigne que les vraies réponses aux questions importantes sur notre existence exigent travail et sueur, elles demandent du temps, de la pratique assidue aussi.
Celui qui veut savoir doit avant tout savoir qu’il est l’artisan de son propre savoir, et ne rien attendre de l’extérieur.  L’initiation à l’Aïkido dans sa profondeur ne se pioche pas comme dans un livre les recettes de cuisine, et le champ d’étoiles reste inaccessible à qui se contente de moyens faciles. Il n’existe pas de raccourci commode à la connaissance. Seul le travail que l’on effectue sur soi-même a une chance d’apporter réponse à la question que pose Christophe.

Maintenant avec cette question, j’ai également réfléchi à pourquoi est ce long d’apprendre l’aïkido ? Pourquoi est ce si difficile ?
Là encore je peux me référer aux éclairages de Christophe.
Pas pour des raisons techniques !
Parce que nous avons des complexes. Nous avons des complexes dans notre corps, dans notre esprit, et il est toujours difficile de s’ouvrir, de s’ouvrir à l’autre.

Les premières phases d’initiations à l’Aïkido permettent la découverte de ses propres possibilités corporelles et de leur libération : déplacement, équilibre, souplesse, relâchement, force interne, respiration, concentration, perceptions, ouvertures, engagement, dépassement de soi (et j’en oublie sûrement).
Le contact harmonieux au partenaire est recherché (Ki Musubi), les fondamentaux sont transmis (Maaï, Shisei, Kokkyu, Zanshin, Kamae, …).
On apprend toute sa vie, j’espère apprendre encore longtemps…
A mon sens, quand j’essaie, au 1er niveau, de transposer l’étude de l’Aïkido et de ses valeurs dans la vie quotidienne, voilà ce que cela peut donner :

L’AÏKIDO permet de découvrir des facettes inexplorées de soi-même par le recours à des formes d’expressions non verbales. Ses champs d’actions ont également l’avantage d’évacuer le stress par l’imagination et l’évasion mais aussi de favoriser la motivation, la cohésion, l’esprit d’équipe.
L’AÏKIDO enseigne une conception de la vie basée sur l’instauration de relations positives et constructives, la maîtrise des émotions (attitude, respiration, parole), l’expression des besoins et des demandes, la mise en place de règles du jeu claires, promues et connues de tous. (Rei=respect)
L’AÏKIDO développe les sens de la perception de l’attaque en identifiant l’expression des tensions, des premiers symptômes, en repérant les facteurs menant aux conflits, en identifiant les mécanismes de « l’escalade » (Ushiro=anticipation)
L’AÏKIDO enseigne que la meilleure façon de gérer un conflit est d’entrer à sa source et de s’harmoniser avec elle en développant le sens de l’observation, en s’adaptant aux situations, aux rythmes et aux événements, en développant l’affirmation de soi, en prévenant les tensions et en parvenant à leurs résolutions, en accroissant l’écoute active, la clarté de l’expression : Ecouter, entendre et comprendre (Irimi=initiative)
L’AÏKIDO développe la respiration en puisant au cœur des rythmes de la vie afin d’aider à une meilleure synchronisation, communiquer positivement et prendre le leadership de la situation, s’engager et proposer des solutions, décider justement autour du concept gagnant/gagnant, apporter sa dynamique, relever les chalenges et motiver ses équipes (Kokyu-Ho=dynamisme)
En AÏKIDO, les clefs d’immobilisation permettent le contrôle de la situation en désamorçant la tension, en résistant à la pression, en trouvant des issues opportunes, en construisant une situation de sortie de crise, en travaillant le consensus, le « mieux vivre ensemble ». (Osae=maîtrise)

Ce qu’il faut retenir, c’est que ces valeurs, au final, permettent aux pratiquants que nous sommes, de se rencontrer et mieux se connaître, dynamisent la cohésion du groupe, canalisent les énergies, développent la confiance en soi et en l’autre, renforcent le sens de l’écoute, donnent un but et partagent une expérience unique.

Voilà une première petite réflexion sur ce sujet « Pourquoi l’Aïkido ? »
Je pourrai probablement l’enrichir dans quelques années de pratiques supplémentaires.

Cette expérience n’est pas un long fleuve tranquille et j’ai parfois été découragé, certaines fois déstabilisé, d’autres fois j’ai eu le sentiment de stagner. Mais j’arrive toujours (jusqu’à maintenant) à retrouver la motivation et à pousser de nouveau la porte de notre Dojo, comme si cette quête avait quelque chose de magnétique.
Certes, l’Aïkido est constitué d’un vaste ensemble de techniques que je n’hésite pas à découvrir, avec les yeux curieux d’un enfant.
Mais c’est surtout pour moi un outil de développement personnel qui m’aide à progresser humainement, spirituellement.
C’est la raison principale qui me pousse aujourd’hui à continuer la pratique, avec mes moyens, et à poursuivre, à mon rythme, mon petit bout d’histoire avec un petit h sur le chemin de l’Aïkido.

L’Aïkido est un art qu’il faut chercher à sublimer pour en révéler toute sa beauté et sa dimension…

Merci à Christophe d’avoir su ouvrir cette voie et de m’y accompagner…

Eric Damm

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Réflexion sur ma pratique de l’Aïkido

J'ai commencé à pratiquer l'Aïkido relativement tard dans la mesure où j'avais quarante ans…
A l'époque je pratiquais la musculation et à ce moment-là toute ma pratique sportive se basait sur le développement des capacités physiques et musculaires. Etre plus fort, plus endurant, et développer son corps...
Ce fut une approche intéressante pour moi car elle demandait de la concentration et de la motivation, elle m’apportait un équilibre, une confiance …mais après vingt années de pratique principalement à être enfermé dans des salles, j’ai commencé à ressentir une lassitude, une fatigue physique, des douleurs et faiblesses musculaires et ma vision sur ce sport, mes relations, ma vie, a fortement changée.

J’ai ressenti progressivement le besoin de m’orienter vers quelque chose qui devait certainement sommeiller en moi depuis toujours mais qui s’est révélée tardivement.
Une quête vers des notions, des actes, des pratiques plus authentiques, plus profondes,  je dirais même plus spirituelles… Pourquoi ? je n’ai pas vraiment d’explications, mais il s’avère à ce jour que cette direction est une véritable révélation et elle me nourrie et me comble de jour en jour.

J’ai donc démarré la pratique de l’Aïkido un peu comme tout le monde sans vraiment savoir ce qu’allait m’apporter cette discipline… la découverte, la rigueur, la souplesse, de nouvelles rencontres… étaient mes premières motivations et constatations.
Petit à petit j’ai commencé à découvrir un nouvel univers… celui d’un art basé sur des valeurs ancestrales, authentiques. La notion du respect, de l’étiquette, de l’humilité, d’un travail sur soi qui se construit progressivement pour devenir meilleur…. de l’intérieur.

Mais cette discipline m’a surtout fait découvrir une multitude d’activités annexes dont le dénominateur commun est le Japon.
Ce fut une véritable révélation !... La rencontre de personnes magnifiques, qui m’ont permis de connaître et/ou de m’initier à la pratique du bonsaï, des jardins japonais, de la calligraphie, et bientôt à l’Ikebana.
J’ai entamé une nouvelle voie, dont je découvre sans cesse de nouvelles directions, de nouvelles sensations et qui m’enrichissent intellectuellement et surtout humainement.

Les mois puis les années qui suivirent n’ont fait qu’affirmer ce choix, mais surtout m'ont fait remarquer à quel point la pratique de l'Aïkido (et probablement des arts martiaux en général) est indissociable d'une réflexion intérieure, notamment sur l’influence que la pratique de l'Aïkido a eu sur différentes sphères de ma vie.
Lorsque j'ai commencé la pratique de l'Aïkido, j'étais à une époque de ma vie où, comme beaucoup de personnes ayant mon âge, tout était bien rangé : une épouse, deux garçons adorables, une vie professionnelle et une vie familiale bien remplies, et enfin une maison avec tout le confort souhaité.

Avec l’âge, le stress, le travail, je percevais un ralentissement important des activités physiques avec des conséquences telles des maux de dos, une endurance très limitée aux activités physiques et surtout le sentiment bien réel que je commençais à me laisser aller physiquement. Ainsi, il y a 5 ans, lorsque j'ai commencé la pratique de l'Aïkido, mon but était simple : je souhaitais retrouver une activité physique régulière et pérenne afin de me maintenir en forme.
 
Les circonstances ont fait que, pour moi, il était extrêmement facile et pratique de commencer l'Aïkido : le Dojo se trouvait à 5 minutes de mon domicile et l’horaire se prêtait très bien à mes obligations professionnelles et familiales. Que demander de plus ? Je me suis donc inscrit et j’ai commencé à assister aux cours de la même manière que si je pratiquais une autre activité physique.

Dans les mois qui suivirent, avec 2 pratiques régulières par semaine, je voyais effectivement ma condition physique s'améliorer : J’avais une bien meilleure flexibilité, une meilleure endurance et cela m’apportait un équilibre différent de la musculation…un travail sur l’attitude, une approche plus respectueuse des personnes, des choses de la vie…

Le premier gros changement important est survenu après deux années environ de pratique.
Je commençais doucement à découvrir toute la richesse de cette discipline qui va bien au-delà des techniques qui nous sont enseignées. Ainsi, ma perception de l'Aïkido a graduellement changé et il est certain qu’une pratique assidue et la participation à certains stages m’ont beaucoup aidé et permis de voir le chemin que j’ai parcouru mais c’est surtout un coup d’oeil sur le long chemin qui me reste encore à faire.

D'une simple activité physique banale, l'Aïkido est subitement devenu une occasion pour pratiquer un Budō qui me permet de développer différemment mes limites physiques mais aussi et surtout sur le plan mental un sentiment général de bien-être…
Tous ces changements continuent d’évoluer à leur propre rythme et, je le sais bien, ne sont pas acquis ou figés indéfiniment dans le temps. Cela demande une pratique régulière, sérieuse et qui est sans fin…

Aujourd'hui, je conçois difficilement mon quotidien sans mes pratiques d'Aïkido. Je me rends compte à quel point cette activité a eu des effets positifs sur les différentes sphères de ma vie : des effets physiques et surtout mentaux. L'attitude et l'état d'esprit que j’ai appris au Dojo ne se limitent pas aux heures d’entraînement, elles s'installent dans ma vie de tous les jours : à la maison, au travail et même dans mes loisirs. Dans mon travail et dans mes interactions avec les gens, j'ai souvent une petite pensée dans le coin de mon cerveau qui me rattache à une action ou à une pensée apprise durant les pratiques au Dojo.

En guise de conclusion, je tenais tout particulièrement à préciser que la qualité de ma pratique d’aujourd’hui et de demain évolue surtout grâce à toi Christophe, par le biais de ton  enseignement très respectueux des fondamentaux, de l’étiquette, beaucoup de pédagogie, de l’écoute et permettre ainsi aux élèves de pratiquer cette discipline avec plaisir et en harmonie.

Voilà en écrivant ces quelques lignes, je m’aperçois finalement à quel point il est important de compléter son entraînement physique avec une réflexion intérieure continuelle.